Dégraissage de la pointe

beyonce affinement nez

Nous continuons cette réflexion commencée à l’occasion de l’article du 15 mai. Notre question est celle de l’identité et plus globalement de l’universalisation des schémas physiques représentatifs.
Quand le spot publicitaire adresse un message, il fait croire qu’il vise la particularité.
C’est vous, l’homme qui aime les performances et l’esthétique de cette voiture, c’est vous la femme conquérante dont le caractère est si bien adapté à ce parfum d’été.

Mais cette singularité n’existe pas. C’est la division abstraite d’individus parcellaires qui ramenés dans le champ de l’analyse se ressemblent tous. Nous vivons dans ce monde publicitaire.

Il a besoin d’icônes, c’est-à-dire en langage marketing de schèmes ou de catégories qui sont comme chez Kant des conditions de possibilité de la représentation. Tour de passe-passe magistral qui va de la représentation à l’adhésion.

A quoi adhérons-nous ? Au physique de type caucasien. Non pas pris comme une réalité que l’on peut chiffrer mais comme un concept. Les deux meilleures preuves en sont l’intervention sur la pointe du nez réalisée par des noirs, des arabes et des latinos. Précisément, on parle d’intervention ethnique.

L’autre exemple est celui de l’agrandissement de l’œil en Chine ou en Corée. Aux yeux en forme d’amande, les chinoises et les coréennes préfèrent l’œil rond et large des européennes et des américaines.

Il faut attendre quelques années et voir où nous mène cette transhumance vers l’archétype. Ou bien il s’agit d’une tendance de fond et le modèle caucasien est probablement le prémisse d’une sorte d’individu post-biologique du futur. Ou bien, c’est une étape de transition pouvant être un des avatars de l’accession des ex pays en voie de développement à des modes de consommation occidentaux.

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