Une quinqua qui s’assume

Chaque femme a 30,40,50 ou 60 ans peut décider un jour de tirer un trait sur sa vie de famille. Non pas du jour au lendemain comme on dit mais au terme d’un processus de réflexion, de méditation inquiète qui fait qu’elle va se lancer et tourner le dos à un mariage, à des rituels d’existence.

Dans tous les cas, c’est un décision courageuse, en face de laquelle chacune d’entre nous est seule. C’est peut-être face à ce vide de la liberté et du choix que s’inscrit le livre de Sophie Davant. Son expérience est peut-être un point d’appui pour toutes les femmes qui ne sont plus en accord avec elles-mêmes, qui ont le sentiment de se mentir ou de ne plus se sentir épanouies et qui ont le sentiment diffus ou profond que la solution au mieux-être passe par une rupture.

C’est ce qu’il faut lire dans les confessions de l’animatrice, qu’elles relaient avec courage dans un entretien accordé récemment à 7 à 8. Dans cette interview intimiste, on trouvera sans doute plus de matière que dans celle réalisée avec Zahia dans la même émission et surtout un retour d’expérience vif et moteur.

Qu’est-ce que nous dit Sophie Davant. Oui, à 40 ans, divorcer peut être un choix nécessaire parce qu’il y un hiatus dans le couple, que la valeur de l’un étouffe l’autre et vice-versa et que cette décision difficile va avoir des implications qu’il faut connaître.

Oui, l’âge avançant, on a la tentation de la chirurgie esthétique , une décision qui elle aussi n’est pas neutre dans une moindre mesure parce que la “fameuse bouche de canard” fait rire, pèse d’un poids suspicieux dans le regard des autres et donc dans le regard investi et intériorisé que l’on a sur soi.

Imaginons ce sentiment de gêne trahissant le refus de l’âge; de la vieillesse chez une femme dont le métier est dans l’image, dans une relation quotidienne à des millions de personnes à la télévision.

Evidemment, on pourra gloser sur la valeur littéraire du bouquin écrit par l’animatrice de Toute une histoire. A l’instar de Deleuze, je considère que le récit de sa vie par ce type de biais n’est pas de la littérature et ne compte pour rien dans l’art. S’en serviront alors à titre de ressource, voire d’exemple, ces milliers de femmes qui ont besoin d’un ailleurs dans leur vie et qui se sentiront sans doute moins seules dans leur réflexion.

*Le livre de Sophie Davant est intitulé Ce que j’ai appris de moi, confessions d’un quinqua, Albin Michel