Science fiction en plastique

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Quand les enfants s’amusent à s’envoyer des balles de mitrailleuses en plastique, le jeu est licite parce que c’est imaginaire. Quand Jules Verne ou Isaac Asimov ont entrevu des machines volantes et des robots guérisseurs, ils avaient eux aussi l’excuse d’une imagination débordante.

Chaque époque peut sans frayeur donner libre cours à sa conception du futur précisément parce qu’il n’existe pas. Ce monde où les voitures volent et où les taxis sont pilotés par des automates est un délice de la pensée et une occasion artistique d’écrire des romans d’anticipation et des films de science-fiction.

Quelque chose à changé avec notre époque. Nous ne sommes plus dans un rapport purement contemplatif avec les mondes de demain. Il y a des gens, des entrepreneurs, des entités, des entreprises, qui sont déjà en train de le fabriquer.

Il n’y a jamais eu autant de passerelles entre aujourd’hui et demain. Ce futur de l’humanité, nous le sentons déjà. C’est un monde apollinien. La mesure, la proportion seront des signes manifestes de performance. Le monde qui se prépare sera a-biologique. C’est-à-dire clairement qu’il va brider la limite endogène des corps afin de libérer le potentiel humain.

C’est à la fatigue, à la maladie que l’on va s’en prendre, en favorisant la gestion autonome de leur régulation. Si la santé désigne l’état de celui qui n’est pas malade, il faut que cet état perdure.

C’est donc un monde de la conformité qui arrive. Rien qui dépasse, rien qui ressemble à de l’hétéronomie, les nez extraordinaires seront repris, les attitudes indépendantes seront contraintes.

La part d’animalité qu’à bon droit l’homme cherche à dominer le plus souvent est sans doute ce qui aurait pu l’aider. Plus qu’un mélange entre ange et démon, l’homme ressemblera à cet animal machine cartésien avec tous les atours de la mécanique sans les fêlures de l’animalité.

Le froid, le chaud, la pause, le repos deviendront des mythes lointains.

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