Maquillage électronique

maquillage electronique

Et si un logiciel pouvait vous maquiller sans peine ? C’est la réponse à ce désir que la création de Nobumichi Asai esquisse. Un programme, du mapping et du tracking vont permettre de simuler le type de fond de teint, de poudre, de mat , d’eye liner, de gloss et de mascara qui vous convient ou que vous avez choisi et adoubé.

En un éclair, votre visage serait paré avec les teintes lumineuses ou satinés que vous aimez. Pourquoi au-delà de l’aspect pratique cette production sur le maquillage est intéressante ?

D’abord elle introduit l’idée que se maquiller serait un activité nécessaire. Comme manger, boire ou se laver, il y aura dans la standardisation possible de l’acte par le moyen de la technique, l’évidence de dire qu’il s’agit d’une tâche que l’on peut rationaliser.

Mais question. Si je considère dans l’ordre des gestes de la matinée que le fait de manger est répétitif(ce qui n’est pas tout à fait vrai) , puis-je assigner à ce geste esthétique du « grimage » la même certitude de récurrence ?

Non et pour une raison simple. C’est que sa mise en œuvre existe au-delà de son inscription dans une temporalité, qui serait celle du quotidien. Il y a des femmes qui se maquillent seulement pour certaines occasions, il y a les techniques spéciales du maquilleur de cinéma ou du théâtre.

Et puis il peut y avoir des différences d’intensité. Les choix de produits ou d’outils disponibles dans la trousse ne sont pas les mêmes si vous allez travailler ou si vous allez en soirée, à une cérémonie.

Mais de la même manière, on pourrait apporter ces nuances dans le fait de la nourriture. Il y a des gens qui ne mangent pas le matin.

C’est au fond la dimension du plaisir qui résiste à la mécanisation des soins du visage. Le temps « ou l’on se fait belle », c’est-à-dire le temps du miroir est un temps du bien-être, de la volupté et d’une forme de volupté d’autant plus singulière qu’en droit elle échappe complétement à la moitié de l’humanité.

Les hommes continueront longtemps à se demander pourquoi les femmes se maquillent. Donc, appliquer le nouveau ombre à paupières de la marque X ou s’essayer à la technique de contouring que vous avez montré votre copine, ce ne sera jamais un acte mécanique et répétitif, au moins parce que d’un jour à l’autre, vous pourrez avoir envie d’opter pour des rendus différents.

Ce que les marques de produits de maquillage et les acteurs de la chirurgie cosmétique ont bien compris, c’est qu’il y a un « besoin » de beauté inextinguible,sur lequel on peut agir à foison et surtout pour des temps indéfinis.

Je crois que le rouge à lèvres ou le make up sont des rentes, et que leur intérêt est aussi permanent que celui du gaz ou de l’eau.

Enregistrer

Enregistrer