3 poitrines en fonction des circonstances

reflexion corps poitrine

Je lisais récemment une interview de l’excellent chirurgien esthétique, Claude Le Louarn. Sa pensée très fouillée et féconde sur les attentes modernes de sa pratique sont une preuve supplémentaire que nos médecins ne sont pas obsédés par le gain mais sont bien dans une relation de sens et d’éthique avec leur discipline.

Au détour d’une question profonde sur les rapports entre la beauté et le bonheur, le Dr Le Louarn rappelle que la finalité du chirurgien ne peut pas être de créer des top-modèles. Ou alors c’est qu’il faudrait imaginer une telle maîtrise technique qu’il serait possible de concevoir des physiques bioniques transformables à souhait ( à l’instar du méchant de Terminator) qui permettraient pourquoi pas de disposer de 3 formes possibles de poitrine.

Des seins généreux pour l’intimité, moins développés pour aller travailler et enfin très petits pour faire du sport.

Ce trait d’humour distille une vérité forte. Jusqu’à maintenant, la chirurgie d’augmentation mammaire permet d’exhausser un vœu satisfaisant un manque. Ce manque, il est biologique et a priori irréductible. Or, la chirurgie invente une possibilité de dépassement par la médiation technique des prothèses et par la maîtrise d’un geste médical.

Mais entendons-nous bien : il s’agit de transcender le naturel pour transformer un rejet de soi en adhésion. L’intervention vise une complétude. Et encore, elle est réversible, certes au prix d’une nouvelle intervention chirurgicale mais elle ne permet d’obtenir que ce qu’on a voulu.

Le mauvais procès que l’on fait à la pratique repose donc sur la croyance qu’il y a une modularité infinie du fait opératoire alors que ce n’est pas le cas. Ce n’est pas une médecine kleenex , le scandale des implants PIP l’a d’ailleurs montré en rappelant que nous n’étions pas dans l’anodin comme si passez moi l’expression, on allait chez le garagiste pour changer une pièce de sa voiture.

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